L'assurance vie est bien plus qu'un simple placement financier : elle constitue un outil de transmission patrimoniale particulièrement apprécié des Français. Grâce à ses avantages fiscaux et sa grande flexibilité, elle permet de protéger ses proches tout en optimisant la transmission de son capital. Que ce soit pour anticiper sa retraite ou organiser sa succession, comprendre les mécanismes fiscaux qui régissent ce contrat est essentiel pour en tirer le meilleur parti.
L'assurance vie bénéficie d'un régime fiscal spécifique lors d'une succession, ce qui en fait un instrument privilégié pour transmettre un patrimoine. Contrairement aux biens classiques qui intègrent la succession habituelle, les capitaux versés aux bénéficiaires d'une assurance vie échappent en grande partie aux droits de succession classiques. Ce mécanisme repose sur l'article L 132-12 du Code des assurances, qui définit précisément les règles applicables. Pour tout savoir sur imposition assurance vie succession, il est indispensable de comprendre que la fiscalité varie considérablement selon plusieurs critères : la date de souscription du contrat, l'âge du souscripteur au moment des versements et le montant du capital transmis aux bénéficiaires.
Le régime fiscal dépend notamment du moment où les primes ont été versées sur le contrat. Les versements effectués génèrent des conséquences fiscales différentes selon qu'ils ont été réalisés avant ou après le soixante-dixième anniversaire du souscripteur. Cette distinction est fondamentale car elle détermine les abattements applicables et les taux d'imposition qui s'appliqueront lors de la transmission. Les gains et intérêts générés par le contrat bénéficient également d'un traitement fiscal avantageux, puisqu'ils restent exonérés d'impôt sur le revenu tant qu'aucun rachat n'est effectué pendant la vie du contrat.
Pour les primes versées avant les soixante-dix ans du souscripteur, le régime fiscal est particulièrement avantageux. Chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement individuel de 152 500 euros. Au-delà de ce montant, une taxation de vingt pour cent s'applique jusqu'à 700 000 euros, puis le taux passe à trente et un virgule vingt-cinq pour cent au-delà de ce seuil. Ce système permet de transmettre des sommes importantes en limitant significativement la charge fiscale pour les héritiers. Par exemple, si un parent désigne ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales, chacun bénéficiera de l'abattement complet, permettant ainsi de transmettre jusqu'à 305 000 euros sans aucune taxation.
Lorsque les versements interviennent après les soixante-dix ans du souscripteur, le régime change sensiblement. Un abattement global de 30 500 euros s'applique pour l'ensemble des bénéficiaires, qui doivent donc se partager cette somme. Au-delà, les primes versées sont soumises aux droits de succession classiques selon le barème progressif en vigueur. Toutefois, une règle essentielle protège les bénéficiaires : les intérêts et plus-values générés par ces versements restent totalement exonérés d'impôts. Ainsi, seules les primes elles-mêmes sont taxées, pas les gains qu'elles ont permis de générer. Cette distinction devient particulièrement intéressante lorsque le contrat a produit des rendements significatifs sur plusieurs années.
Le barème progressif des droits de succession pour 2026 s'échelonne de cinq pour cent pour les montants jusqu'à 8 072 euros, jusqu'à quarante-cinq pour cent au-delà de 1 805 677 euros. Entre ces extrêmes, plusieurs tranches intermédiaires s'appliquent : dix pour cent jusqu'à 12 109 euros, quinze pour cent jusqu'à 15 932 euros, vingt pour cent jusqu'à 552 324 euros, trente pour cent jusqu'à 902 838 euros et quarante pour cent jusqu'à 1 805 677 euros. Ces taux concernent principalement les transmissions en ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants.
Certaines catégories de bénéficiaires bénéficient d'une exonération totale des droits de succession sur les capitaux d'assurance vie. C'est notamment le cas du conjoint survivant et du partenaire de PACS, quelle que soit la date des versements ou l'âge du souscripteur. Cette exonération complète représente un avantage considérable pour protéger son conjoint ou partenaire en lui garantissant la perception intégrale du capital sans aucun prélèvement fiscal. Les frères et sœurs peuvent également bénéficier d'exonérations sous certaines conditions strictes, ainsi que certains organismes sans but lucratif ou associations reconnues d'utilité publique.
Pour maximiser les abattements disponibles, il est stratégiquement intéressant de diversifier les bénéficiaires. En désignant plusieurs personnes, chacune peut profiter de son propre abattement de 152 500 euros pour les versements effectués avant soixante-dix ans. Cette technique de démembrement des bénéficiaires permet de transmettre des montants plus importants tout en restant sous les seuils de taxation. Par exemple, un grand-parent qui désigne ses trois petits-enfants comme bénéficiaires à parts égales peut théoriquement transmettre jusqu'à 457 500 euros en franchise totale d'impôts, à condition que les versements aient été réalisés avant son soixante-dixième anniversaire.
L'absence de frais de notaire sur les capitaux d'assurance vie constitue également un avantage financier non négligeable. Contrairement aux biens immobiliers ou aux comptes bancaires classiques qui nécessitent l'intervention d'un notaire avec les émoluments correspondants, les capitaux d'assurance vie sont versés directement aux bénéficiaires désignés. Cette transmission directe simplifie les démarches administratives et réduit les coûts globaux de la succession. Les héritiers doivent simplement déclarer les sommes reçues à l'administration fiscale via le formulaire 2705-A pour permettre le calcul des éventuels droits dus.
L'optimisation fiscale d'un contrat d'assurance vie dans une perspective successorale nécessite une réflexion anticipée et une stratégie cohérente. La date des versements constitue le premier levier d'optimisation : effectuer des versements substantiels avant son soixante-dixième anniversaire permet de faire bénéficier chaque destinataire de l'abattement généreux de 152 500 euros. Cette approche devient d'autant plus pertinente que les rendements potentiels restent attractifs, avec des hypothèses de rendement allant jusqu'à cinq pour cent net de frais de gestion sur certains fonds en euros sous conditions, ou quatre virgule cinquante pour cent nets pour des fonds spécifiques comme le Netissima en 2026 et 2027.
La construction d'une stratégie patrimoniale efficace implique également de tenir compte du contexte familial et des objectifs de transmission. Un contrat bien structuré permet de concilier disponibilité de l'épargne pendant la vie du souscripteur et transmission optimisée au décès. Les supports proposés, qu'il s'agisse de fonds en euros avec capital garanti ou d'unités de compte présentant un risque de perte en capital mais offrant des perspectives de rendement supérieures, doivent être choisis en fonction du profil de risque et de l'horizon de placement. La diversification entre ces différents supports contribue à équilibrer sécurité et performance.
Privilégier les versements avant soixante-dix ans constitue la recommandation centrale pour optimiser la transmission. En effet, effectuer l'essentiel des versements avant cette date permet à chaque bénéficiaire de bénéficier individuellement de l'abattement de 152 500 euros. Cette stratégie est d'autant plus efficace qu'elle laisse le temps aux capitaux investis de fructifier, les plus-values et intérêts générés étant totalement exonérés de droits de succession quelle que soit la date de versement. Un versement effectué plusieurs années avant le décès aura ainsi produit des gains significatifs qui seront transmis sans taxation supplémentaire.
Les versements après soixante-dix ans ne doivent pas pour autant être totalement évités, mais ils doivent être effectués avec discernement. L'abattement global de 30 500 euros reste intéressant pour des montants modestes, d'autant que les intérêts et plus-values générés échappent aux droits de succession. Cependant, il convient d'être particulièrement vigilant après quatre-vingts ans. L'administration fiscale peut en effet requalifier les versements jugés disproportionnés par rapport au patrimoine global ou aux revenus du souscripteur. Ces primes manifestement exagérées risquent alors d'être réintégrées dans la succession classique avec application des droits de succession standard.
L'échelonnement des rachats partiels programmés durant la vie constitue également une technique d'optimisation. Après huit ans de détention du contrat, les retraits bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple sur les gains générés. Cette fiscalité avantageuse permet de récupérer progressivement une partie du capital tout en laissant fructifier le solde qui sera transmis dans des conditions fiscales optimales. Le Prélèvement Forfaitaire Unique, ou flat tax, s'applique par défaut à un taux de trente pour cent sur les gains avant huit ans, puis à un taux réduit après abattement pour les contrats plus anciens.
La clause bénéficiaire représente le cœur du dispositif d'assurance vie en matière de transmission. Sa rédaction doit être particulièrement soignée pour éviter toute ambiguïté et les conflits potentiels entre héritiers. Une clause standard désigne généralement le conjoint en premier rang, puis les enfants à parts égales. Cependant, des clauses plus élaborées permettent d'affiner la transmission selon les objectifs patrimoniaux. La clause démembrée, par exemple, attribue l'usufruit au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants, offrant ainsi des revenus au conjoint tout en préservant le capital pour la génération suivante.
Les clauses à options multiples offrent une flexibilité supplémentaire en permettant aux bénéficiaires de choisir entre plusieurs modalités de perception : capital immédiat, rente viagère ou combinaison des deux. Cette souplesse s'avère particulièrement pertinente lorsque les besoins des bénéficiaires peuvent évoluer ou sont difficiles à anticiper. La clause peut également prévoir des bénéficiaires subsidiaires ou de second rang qui recevront le capital si les premiers bénéficiaires décèdent avant le souscripteur ou renoncent à leurs droits. Cette précaution évite que le capital ne se retrouve réintégré dans la succession classique.
L'actualisation régulière de la clause bénéficiaire est essentielle pour qu'elle reste en phase avec les évolutions familiales. Un mariage, un divorce, une naissance ou un décès dans la famille peuvent rendre obsolète une clause rédigée plusieurs années auparavant. La modification peut s'effectuer par simple avenant au contrat sans frais dans la plupart des cas, ou par testament authentique si le souscripteur souhaite garder confidentielle l'identité de ses bénéficiaires. Il est recommandé de revoir cette clause au minimum tous les cinq ans ou à chaque événement familial significatif.
En cas d'absence totale de bénéficiaire désigné, le capital d'assurance vie revient aux héritiers réservataires et intègre la succession classique. Les enfants bénéficient alors de l'abattement standard de 100 000 euros chacun avant application du barème progressif des droits de succession. Cette situation perd l'essentiel des avantages fiscaux de l'assurance vie et doit donc être évitée par une désignation claire et précise. Après dix ans sans identification du bénéficiaire malgré les recherches, le capital est transféré à la Caisse des dépôts et consignations, puis après trente ans, il est définitivement versé à l'État. Pour vérifier si l'on est bénéficiaire d'un contrat, il est possible de s'adresser à l'Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance, connue sous le sigle AGIRA.
Les prélèvements sociaux de dix-sept virgule vingt pour cent s'appliquent sur les intérêts générés par le contrat. Sur les fonds en euros, ils sont prélevés annuellement de manière automatique. Pour les unités de compte, ils sont prélevés lors des rachats ou au décès. Ces prélèvements sociaux s'ajoutent à la fiscalité proprement dite mais restent modérés comparés aux avantages globaux du dispositif. Concernant l'Impôt sur la Fortune Immobilière, seules les unités de compte investies en actifs immobiliers comme les SCPI, OPCI, SCI ou SIIC sont prises en compte dans l'assiette taxable pour les contrats rachetables.
Pour une transmission intergénérationnelle réussie, il est conseillé de diversifier les contrats en fonction des objectifs et des montants. Conserver plusieurs contrats permet de moduler les rachats et les transmissions selon les besoins sans impacter l'ensemble du patrimoine placé. L'accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine, comme Victor Déré expert en SCPI, permet d'élaborer une stratégie personnalisée tenant compte de la situation familiale, fiscale et patrimoniale globale. Une succession bien préparée se construit dans la durée en anticipant tôt, idéalement dès la cinquantaine, pour laisser le temps aux placements de se valoriser et bénéficier pleinement des avantages fiscaux offerts par l'assurance vie.
<p>L'assurance vie est bien plus qu'un simple placement financier : elle constitue un outil de transmission patrimoniale particulièrement apprécié des Français. Grâce à ses avantages fiscaux et sa grande flexibilité, elle permet de protéger ses proches tout en optimisant la transmission de son capital. Que ce soit pour anticiper sa retraite ou organiser sa succession, comprendre les mécanismes fiscaux qui régissent ce contrat est essentiel pour en tirer le meilleur parti.</p><h2>Le cadre fiscal de l'assurance vie lors d'une transmission</h2><p>L'assurance vie bénéficie d'un régime fiscal spécifique lors d'une succession, ce qui en fait un instrument privilégié pour transmettre un patrimoine. Contrairement aux biens classiques qui intègrent la succession habituelle, les capitaux versés aux bénéficiaires d'une assurance vie échappent en grande partie aux droits de succession classiques. Ce mécanisme repose sur l'article L 132-12 du Code des assurances, qui définit précisément les règles applicables. Pour <a href='https://www.monpetitplacement.fr/assurance-vie/tableau-fiscalite-assurance-vie-succession'>tout savoir sur imposition assurance vie succession</a>, il est indispensable de comprendre que la fiscalité varie considérablement selon plusieurs critères : la date de souscription du contrat, l'âge du souscripteur au moment des versements et le montant du capital transmis aux bénéficiaires.</p><p>Le régime fiscal dépend notamment du moment où les primes ont été versées sur le contrat. Les versements effectués génèrent des conséquences fiscales différentes selon qu'ils ont été réalisés avant ou après le soixante-dixième anniversaire du souscripteur. Cette distinction est fondamentale car elle détermine les abattements applicables et les taux d'imposition qui s'appliqueront lors de la transmission. Les gains et intérêts générés par le contrat bénéficient également d'un traitement fiscal avantageux, puisqu'ils restent exonérés d'impôt sur le revenu tant qu'aucun rachat n'est effectué pendant la vie du contrat.</p><h3>Les différents régimes d'imposition selon l'âge du souscripteur</h3><p>Pour les primes versées avant les soixante-dix ans du souscripteur, le régime fiscal est particulièrement avantageux. Chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement individuel de 152 500 euros. Au-delà de ce montant, une taxation de vingt pour cent s'applique jusqu'à 700 000 euros, puis le taux passe à trente et un virgule vingt-cinq pour cent au-delà de ce seuil. Ce système permet de transmettre des sommes importantes en limitant significativement la charge fiscale pour les héritiers. Par exemple, si un parent désigne ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales, chacun bénéficiera de l'abattement complet, permettant ainsi de transmettre jusqu'à 305 000 euros sans aucune taxation.</p><p>Lorsque les versements interviennent après les soixante-dix ans du souscripteur, le régime change sensiblement. Un abattement global de 30 500 euros s'applique pour l'ensemble des bénéficiaires, qui doivent donc se partager cette somme. Au-delà, les primes versées sont soumises aux droits de succession classiques selon le barème progressif en vigueur. Toutefois, une règle essentielle protège les bénéficiaires : les intérêts et plus-values générés par ces versements restent totalement exonérés d'impôts. Ainsi, seules les primes elles-mêmes sont taxées, pas les gains qu'elles ont permis de générer. Cette distinction devient particulièrement intéressante lorsque le contrat a produit des rendements significatifs sur plusieurs années.</p><p>Le barème progressif des droits de succession pour 2026 s'échelonne de cinq pour cent pour les montants jusqu'à 8 072 euros, jusqu'à quarante-cinq pour cent au-delà de 1 805 677 euros. Entre ces extrêmes, plusieurs tranches intermédiaires s'appliquent : dix pour cent jusqu'à 12 109 euros, quinze pour cent jusqu'à 15 932 euros, vingt pour cent jusqu'à 552 324 euros, trente pour cent jusqu'à 902 838 euros et quarante pour cent jusqu'à 1 805 677 euros. Ces taux concernent principalement les transmissions en ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants.</p><h3>Les abattements et exonérations applicables aux bénéficiaires</h3><p>Certaines catégories de bénéficiaires bénéficient d'une exonération totale des droits de succession sur les capitaux d'assurance vie. C'est notamment le cas du conjoint survivant et du partenaire de PACS, quelle que soit la date des versements ou l'âge du souscripteur. Cette exonération complète représente un avantage considérable pour protéger son conjoint ou partenaire en lui garantissant la perception intégrale du capital sans aucun prélèvement fiscal. Les frères et sœurs peuvent également bénéficier d'exonérations sous certaines conditions strictes, ainsi que certains organismes sans but lucratif ou associations reconnues d'utilité publique.</p><p>Pour maximiser les abattements disponibles, il est stratégiquement intéressant de diversifier les bénéficiaires. En désignant plusieurs personnes, chacune peut profiter de son propre abattement de 152 500 euros pour les versements effectués avant soixante-dix ans. Cette technique de démembrement des bénéficiaires permet de transmettre des montants plus importants tout en restant sous les seuils de taxation. Par exemple, un grand-parent qui désigne ses trois petits-enfants comme bénéficiaires à parts égales peut théoriquement transmettre jusqu'à 457 500 euros en franchise totale d'impôts, à condition que les versements aient été réalisés avant son soixante-dixième anniversaire.</p><p>L'absence de frais de notaire sur les capitaux d'assurance vie constitue également un avantage financier non négligeable. Contrairement aux biens immobiliers ou aux comptes bancaires classiques qui nécessitent l'intervention d'un notaire avec les émoluments correspondants, les capitaux d'assurance vie sont versés directement aux bénéficiaires désignés. Cette transmission directe simplifie les démarches administratives et réduit les coûts globaux de la succession. Les héritiers doivent simplement déclarer les sommes reçues à l'administration fiscale via le formulaire 2705-A pour permettre le calcul des éventuels droits dus.</p><h2>Optimiser la fiscalité de son contrat d'assurance vie pour ses héritiers</h2><p>L'optimisation fiscale d'un contrat d'assurance vie dans une perspective successorale nécessite une réflexion anticipée et une stratégie cohérente. La date des versements constitue le premier levier d'optimisation : effectuer des versements substantiels avant son soixante-dixième anniversaire permet de faire bénéficier chaque destinataire de l'abattement généreux de 152 500 euros. Cette approche devient d'autant plus pertinente que les rendements potentiels restent attractifs, avec des hypothèses de rendement allant jusqu'à cinq pour cent net de frais de gestion sur certains fonds en euros sous conditions, ou quatre virgule cinquante pour cent nets pour des fonds spécifiques comme le Netissima en 2026 et 2027.</p><p>La construction d'une stratégie patrimoniale efficace implique également de tenir compte du contexte familial et des objectifs de transmission. Un contrat bien structuré permet de concilier disponibilité de l'épargne pendant la vie du souscripteur et transmission optimisée au décès. Les supports proposés, qu'il s'agisse de fonds en euros avec capital garanti ou d'unités de compte présentant un risque de perte en capital mais offrant des perspectives de rendement supérieures, doivent être choisis en fonction du profil de risque et de l'horizon de placement. La diversification entre ces différents supports contribue à équilibrer sécurité et performance.</p><h3>Les stratégies de versements avant et après 70 ans</h3><p>Privilégier les versements avant soixante-dix ans constitue la recommandation centrale pour optimiser la transmission. En effet, effectuer l'essentiel des versements avant cette date permet à chaque bénéficiaire de bénéficier individuellement de l'abattement de 152 500 euros. Cette stratégie est d'autant plus efficace qu'elle laisse le temps aux capitaux investis de fructifier, les plus-values et intérêts générés étant totalement exonérés de droits de succession quelle que soit la date de versement. Un versement effectué plusieurs années avant le décès aura ainsi produit des gains significatifs qui seront transmis sans taxation supplémentaire.</p><p>Les versements après soixante-dix ans ne doivent pas pour autant être totalement évités, mais ils doivent être effectués avec discernement. L'abattement global de 30 500 euros reste intéressant pour des montants modestes, d'autant que les intérêts et plus-values générés échappent aux droits de succession. Cependant, il convient d'être particulièrement vigilant après quatre-vingts ans. L'administration fiscale peut en effet requalifier les versements jugés disproportionnés par rapport au patrimoine global ou aux revenus du souscripteur. Ces primes manifestement exagérées risquent alors d'être réintégrées dans la succession classique avec application des droits de succession standard.</p><p>L'échelonnement des rachats partiels programmés durant la vie constitue également une technique d'optimisation. Après huit ans de détention du contrat, les retraits bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple sur les gains générés. Cette fiscalité avantageuse permet de récupérer progressivement une partie du capital tout en laissant fructifier le solde qui sera transmis dans des conditions fiscales optimales. Le Prélèvement Forfaitaire Unique, ou flat tax, s'applique par défaut à un taux de trente pour cent sur les gains avant huit ans, puis à un taux réduit après abattement pour les contrats plus anciens.</p><h3>La désignation des bénéficiaires et ses conséquences fiscales</h3><p>La clause bénéficiaire représente le cœur du dispositif d'assurance vie en matière de transmission. Sa rédaction doit être particulièrement soignée pour éviter toute ambiguïté et les conflits potentiels entre héritiers. Une clause standard désigne généralement le conjoint en premier rang, puis les enfants à parts égales. Cependant, des clauses plus élaborées permettent d'affiner la transmission selon les objectifs patrimoniaux. La clause démembrée, par exemple, attribue l'usufruit au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants, offrant ainsi des revenus au conjoint tout en préservant le capital pour la génération suivante.</p><p>Les clauses à options multiples offrent une flexibilité supplémentaire en permettant aux bénéficiaires de choisir entre plusieurs modalités de perception : capital immédiat, rente viagère ou combinaison des deux. Cette souplesse s'avère particulièrement pertinente lorsque les besoins des bénéficiaires peuvent évoluer ou sont difficiles à anticiper. La clause peut également prévoir des bénéficiaires subsidiaires ou de second rang qui recevront le capital si les premiers bénéficiaires décèdent avant le souscripteur ou renoncent à leurs droits. Cette précaution évite que le capital ne se retrouve réintégré dans la succession classique.</p><p>L'actualisation régulière de la clause bénéficiaire est essentielle pour qu'elle reste en phase avec les évolutions familiales. Un mariage, un divorce, une naissance ou un décès dans la famille peuvent rendre obsolète une clause rédigée plusieurs années auparavant. La modification peut s'effectuer par simple avenant au contrat sans frais dans la plupart des cas, ou par testament authentique si le souscripteur souhaite garder confidentielle l'identité de ses bénéficiaires. Il est recommandé de revoir cette clause au minimum tous les cinq ans ou à chaque événement familial significatif.</p><p>En cas d'absence totale de bénéficiaire désigné, le capital d'assurance vie revient aux héritiers réservataires et intègre la succession classique. Les enfants bénéficient alors de l'abattement standard de 100 000 euros chacun avant application du barème progressif des droits de succession. Cette situation perd l'essentiel des avantages fiscaux de l'assurance vie et doit donc être évitée par une désignation claire et précise. Après dix ans sans identification du bénéficiaire malgré les recherches, le capital est transféré à la Caisse des dépôts et consignations, puis après trente ans, il est définitivement versé à l'État. Pour vérifier si l'on est bénéficiaire d'un contrat, il est possible de s'adresser à l'Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance, connue sous le sigle AGIRA.</p><p>Les prélèvements sociaux de dix-sept virgule vingt pour cent s'appliquent sur les intérêts générés par le contrat. Sur les fonds en euros, ils sont prélevés annuellement de manière automatique. Pour les unités de compte, ils sont prélevés lors des rachats ou au décès. Ces prélèvements sociaux s'ajoutent à la fiscalité proprement dite mais restent modérés comparés aux avantages globaux du dispositif. Concernant l'Impôt sur la Fortune Immobilière, seules les unités de compte investies en actifs immobiliers comme les SCPI, OPCI, SCI ou SIIC sont prises en compte dans l'assiette taxable pour les contrats rachetables.</p><p>Pour une transmission intergénérationnelle réussie, il est conseillé de diversifier les contrats en fonction des objectifs et des montants. Conserver plusieurs contrats permet de moduler les rachats et les transmissions selon les besoins sans impacter l'ensemble du patrimoine placé. L'accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine, comme Victor Déré expert en SCPI, permet d'élaborer une stratégie personnalisée tenant compte de la situation familiale, fiscale et patrimoniale globale. Une succession bien préparée se construit dans la durée en anticipant tôt, idéalement dès la cinquantaine, pour laisser le temps aux placements de se valoriser et bénéficier pleinement des avantages fiscaux offerts par l'assurance vie.</p>